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Droits des Femmes Rouen

Discours et photos de la déambulation 8 mars 2017

10 Mars 2017 , Rédigé par Droits des Femmes Rouen Publié dans #Photos, #Évènements

DISCOURS DE DEBUT

" Le 8 mars est la journée mondiale de lutte pour les droits des femmes. Comme le rappelle ci-bien l’appel à manifester national :

« Elles étaient plus de 300 000 à manifester en Pologne pour le droit à l'avortement

Elles étaient en grève en Islande pour obtenir l'égalité des salaires

Elles étaient en grève en Argentine contre les violences

Elles seront mobilisées contre Donald Trump aux Etats-Unis

En France, elles étaient des dizaines de milliers à manifester contre la loi El Khomri, puis dans l'action le 7 novembre dernier à 16h34 pour l'égalité salariale et partout, elles continuent à se battre pour leurs conditions de travail. »

« La journée du 8 mars ne se « fête » pas par un cadeau ou une distribution de fleurs sur le lieu de travail. Journée internationale pour les droits des femmes, elle est une journée de lutte pour l'égalité.

En 2017, le contexte politique, social et économique international comme national n'offre pas de répit pour tout-es celles et ceux qui œuvrent à plus d'égalité et de justice sociale. La banalisation des idées d'extrêmes droites, la montée des conservateurs dans les élections (aux Etats-Unis, dans différents pays Européens notamment) sont des signes inquiétants pour les droits des femmes, pour les droits des populations qui fuient les guerres, la tyrannie, l'homophobie, la transphobie ou tout simplement la misère. "

Nous sommes au pied de ce qui fut le bucher de Jeanne D'Arc. On en profite pour vous faire un rapide récap de sa vie.

A 14 ans ses parents voulaient lui faire épouser un homme. Elle prit la décision dès cette époque de rester vierge.
Grâce à sa notoriété de guérisseuse Charles II de Lorraine la fait venir à Nancy. Elle lui promet de prier pour sa guérison en échange d'une escorte pour libérer la France. Elle réussit à le convaincre et traverse incognito les terres bourguignonnes grâce à son apparence masculine. Elle se rend à Chinon et parvint à voir le Dauphin Charles qui deviendra Charles VII. Elle le convainc de la laisser partir en guerre avec ses troupes contre les anglais.
Elle fut capturée par les bourguignons en 1430 et jugée.
Le tribunal lui reprochera de porter des habits d'homme, d'avoir quitté ses parents sans qu'ils lui aient donné congé, et surtout de s'en remettre systématiquement au jugement de Dieu plutôt qu'à celui de « l'Église militante », c'est-à-dire l'autorité ecclésiastique terrestre. Les juges estiment également que ses « voix », auxquelles elle se réfère constamment, sont en fait inspirées par le démon.

Si « pucelle » signifiait à l'époque simplement « fille » et pas particulièrement « vierge », Jeanne mettait aussi en avant sa virginité pour prouver, selon les mœurs de son temps, qu'elle était envoyée de Dieu et non une sorcière et affirmer clairement sa pureté, aussi bien physiquement que dans ses intentions religieuses et politiques.

Par deux fois, la virginité de Jeanne fut constatée par des matrones, à Poitiers, mais aussi à Rouen. Pierre Cauchon (celui-là même qui la fit brûler) avait ordonné ce deuxième examen pour trouver un chef d'accusation contre elle, en vain.

A Rouen aujourd’hui la place de la Pucelle témoigne de l’attachement à ce symbole sans nous rappeler les vrais raisons de ce choix. Pas sûr que Jeanne d’Arc aurait choisi ce même surnom aujourd'hui...Qui fait sourire lorsqu'il ne nous agace pas par son côté réducteur.

Jeanne n’entrait dans aucune des cases auxquelles les femmes devaient se soumettre à cette époque.

Elle a pris l’apparence d’un homme pour vivre la même vie qu’eux.

Parmi les divers hommages qui lui sont rendus, notons celui de l'association féministe catholique Londonienne qui porte son nom: l alliance internationale Jeanne d’Arc qui lutte entre autre pour l'accès des femmes à toutes les fonctions ecclésiales.

Dépôt de la pancarte "Aux Jeannes d'aujourd'hui, qui continuent à lutter pour vivre aussi librement que les hommes."

A Rouen aussi nous nous reapproprions l espace public. Seulement 6% des noms de rues/ponts sont des noms de femmes. Pour la 2d fois, le collectif droits des femmes Rouen vous invite à venir redécouvrir la vie de femmes qui ont marqué l’histoire. Nous rebaptiserons les bustes présents sur le pont Boieldieu au profit de femmes qui restent méconnues alors qu'elles ont marqué l’histoire par leurs actions. Nous finirons Place des Emmurées. "

 

DISCOURS FINAL

"Ici s'achève notre déambulation, nous avons interrogé le concept de "sorcière", nous avons redonné place à ces femmes oubliées de l'Histoire qui ont pourtant su se lever et s'opposer à la conquête barbare des hommes blancs et nous avons marché dans les rues de Rouen car c'est notre droit et notre place.

Nous voilà sur la place des Emmurées, voilà des femmes qui ont eu droit à leur plaque dans la ville de Rouen. Mais qui sont-elles ? Des religieuses, cloitrées et réduites au silence, et à plusieurs reprises chassées par des hommes assoiffés de violence et de conquête.

A notre époque, certes des progrès de toutes srtes et dans plusieurs dommaines sont observables. Poourtant, les femmes à travers le monde restent enfermées dans des stéréotypes, dans un rôle et parfois entre quatre murs.
C'est pourquoi, les femmes du monde entier comme les femmes d'ici se battent pour leurs droits ; les Polonaises pour le droit à l'IVG, les Américaines à travers de l'action Women's March ou encore les Islandaises pour le droit à l'égalité salariale. En effet, aujourd'hui encore en France les hommes gagnent 37% de plus que les femmes. Ce qui signifie que chaque jour à partir de 15h40, soit 1/3 d'une journée de travail, les femmes sont bénévoles.

Aujourd'hui, notre action dans le cadre de la journée internationale des droits des femmes a pour objectif de rappeler que le chemin vers l'égalité entre les sexes est encore long, que les murs et les plafonds de verre ne sont pas tous tombés. Alors, sur cette place des Emmurées, nous voulons prendre notre place dans l'espace public, ne pas accepter de nous laisser "emmurer" dans les préjugés et les injustices, mais suivre l'exemple de Rosa Parks, Naomi Klein ou encore Solitude, nous voulons nous lever et nous rassembler pour briser les murs. Aujourd'hui, DESEMMURONS LES EMMUREES."

Discours et photos de la déambulation 8 mars 2017
Discours et photos de la déambulation 8 mars 2017

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