Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Droits des Femmes Rouen

Le collectif Droits des Femmes rebaptise la rue Jean Lecanuet à Rouen

8 Mars 2016 , Rédigé par Droits des Femmes Rouen Publié dans #Évènements, #Rouen

Le 26 novembre 1974, Simone Veil montait à la tribune de l’Assemblée Nationale pour défendre devant un public presque exclusivement masculin, la loi en faveur de l’interruption volontaire de grossesse. Un droit historique qui est toujours à l’heure actuelle, contesté par la droite religieuse et l’extrême droite. Le combat des femmes pour le droit à disposer de leur corps est un combat permanent.

Parmi ces fervents opposants on peut citer monsieur Jean Lecanuet qui marqua l histoire de Rouen en étant maire de 1968 à 1993:

« En morale, l’avortement demeure une oeuvre de mort. La notion de vie est sacrée pour le croyant, mais l’homme politique ne peut pas ignorer la réalité sociologique. » (Jean Lecanuet. Ministre de la justice. et qui, au passage, a activement défendu la peine de mort qui elle, il est vrai, n’est absolument pas une oeuvre de mort c’est bien connu.)

Heureusement la ville de Rouen a connu d autres personnalités plus progressistes pour la partie de sa population non masculine.

De 1931 à 1936 Simone de Beauvoir enseigna au lycée Jeanne d’Arc de Rouen.

L'influence de Beauvoir, associée à Gisèle Halimi et Élisabeth Badinter, a été décisive pour obtenir la reconnaissance des tortures infligées aux femmes lors de la Guerre d'Algérie et le droit à l'avortement. Elle rédige le Manifeste des 343, publié en avril 1971 par Le Nouvel Observateur. Avec Gisèle Halimi, elle a cofondé le mouvement Choisir, dont le rôle a été déterminant pour la légalisation de l'Interruption volontaire de grossesse.

De tous ses livres, Le Deuxième Sexe surtout a fait couler beaucoup d'encre — c'est aussi son favori. Honni dès sa sortie en 1949 par les catholiques et les communistes, défendu par les chrétiens progressistes et les intellectuels de gauche, il préfigure les combats féministes des années à venir. Le chapitre « La mère » commence par un plaidoyer de quinze pages en faveur de l'avortement libre ; « L'initiation sexuelle » revendique sans litote ni périphrase l'épanouissement sexuel ; « La lesbienne » affirme la liberté des choix sexuels.

Simone de Beauvoir a su incarner, avec quelques années d'avance, les aspirations des femmes à l'autonomie.

Aussi aujourd'hui par les pouvoirs que nous nous sommes octroyées en ce samedi 5 mars 2016, parce que nous le valons bien et parce que seulement 2% des noms de rue françaises portent des noms de femmes, nous décidons de rebaptiser la rue Jean Lecanuet en rue Simone de Beauvoir.

Le collectif Droits des Femmes rebaptise la rue Jean Lecanuet à Rouen

Partager cet article

Repost 0